Amulettes

Amulettes, Véronique Ajarrag

J’ai découvert Amulettes par hasard sur le stand de sa maison d’édition lors de la manifestation Les Imaginales. J’ai d’abord été attirée par le titre et l’illustration de la couverture, l’air mystérieux de la jeune femme m’intriguait effectivement. Et puis j’ai lu le résumé et j’au aussitôt pensé à un autre livre que j’avais beaucoup aimé, et dont je vous parlerai plus tard : My Name is Memory. Voilà les raisons qui m’ont poussée à lire ce livre que je n’aurais probablement pas remarqué s’il avait été en rayon dans une grande enseigne, noyé parmi tant d’autres livres aux titres et aux couvertures similaires.

Finalement, ce roman s’est avéré être intéressant, malgré la fin qui me semble avoir été bâclée et qui m’a déçue en comparaison de l’intrigue dont elle est l’issue.

En effet, j’ai tout d’abord aimé ce roman pour son thème : la réincarnation, les vies antérieures, une histoire d’amour qui traverse le temps et un couple d’amoureux maudits qui peine à se retrouver et à rester ensemble. C’est d’ailleurs cette succession de vies, de temps et de lieux qui confère à la narration son originalité en faisant voyager le lecteur entre le cabinet d’un psy de notre époque et un palais royal de l’ancienne Mésopotamie. Tour à tour, on se retrouve plongé dans des souvenirs, dans des visions, dans un récit en bonne et due forme, mais on lit également le rapport d’une commission à propos du psy, ainsi que les notes du médecin en question.

Ce puzzle narratif est d’autant plus intéressant qu’il se transforme en véritable jeu de piste pour le lecteur qui s’amuse à essayer de comprendre ce qui se passe, comme Ian : est-ce qu’Agrippine est folle, est-ce qu’elle dit la vérité ? Et dans ce cas, si toutes les personnes de sa vie antérieure se sont réincarnées, qui sont-elles ?  Un grand Qui est Qui se met alors en place, et pour ma part, j’avoue que je me suis laissée bernée et qu’au final, je n’avais pas du tout réussi à résoudre cette énigme.

Mais justement, j’ai trouvé que les masques tombaient un peu trop rapidement. Après des chapitres de course contre la montre à travers différentes villes et différents pays, j’attendais un dénouement à la hauteur de l’intrigue, alors qu’au final, une fois l’identité de chaque protagoniste révélée, la question de la malédiction des amants est réglée très, voire trop, simplement et l’histoire s’arrête là. En fait, j’ai eu l’impression que le dénouement était très simpliste par rapport à la complexité de l’intrigue, comme si on lisait deux romans destinés à deux publics différents.

Malgré tout, Amulettes reste un roman agréable à lire, en particulier lorsqu’Agrippine parle avec un vocabulaire précieux, un peu suranné mais tellement élégant. Je le conseillerais en particulier à des personnes qui aimeraient marier le genre plutôt policier (Mais qui est la grande méchante qui veut absolument tuer Agrippine ?) avec celui de la fantasy (Et si l’histoire d’Agrippine était vraie …)

Amulettes, Véronique Ajarrag (Edition du Chat Noir, 2013)

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