Les Herbes de la Lune

Les herbes de la Lune, Anne Laure

Les herbes de la Lune, Anne Laure

J’ai découvert ce roman aux Imaginales, un peu par hasard d’ailleurs. Son auteure était présente sur le stand d’une maison d’édition (le Chat Noir), elle a vu que je portais des oreilles de chat noir, et elle a dû se dire que j’étais une lectrice potentielle pour son roman. Elle n’a pas du essayer longtemps pour me convaincre, il lui a suffit de commencer le résumé de son livre par  » le thème du roman est en lien avec le monde celtique ». Bonne pioche, c’étaient les mots clés.

Ainsi, j’ai acheté ce roman, qui, si j’ai bien compris, est le premier tome d’une trilogie. Les Herbes de la Lune se passe donc en Bretagne avec un florilège de noms de village et de prénoms tous plus celtiques les uns que les autres, à l’exception de celui de l’héroïne : Abigail. On y découvre des lieux typiques de cette région, entre le vieux pub du port et la lande avec ses herbes folles et ses roches blanches, sans oublier les forêts millénaires et la mer impétueuse qui s’élance à l’assaut des rochers. Autrement dit, un univers auquel j’ai adhéré d’emblée et qui confère tout son charme au roman.

Les personnages m’ont également conquise, même s’ils sont parfois stéréotypés, comme le vieux mais néanmoins sage herboriste. L’héroïne tout d’abord est une adolescente assez banale, mais hantée par un cauchemar qui l’épuise un peu plus chaque nuit. Jusqu’au jour où… je ne vous en dis pas plus, si vous voulez percer le mystère de se cauchemar, il vous faudra lire par vous même le roman. Quoi qu’il en soit, peu à peu Abigail va prendre conscience de sa véritable nature et devoir se battre contre elle-même. Ce que j’ai apprécié dans ce combat, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’un manichéisme Bien / Mal, la différence est un peu plus subtile que ça. Disons qu’elle doit plutôt lutter entre garder le contrôle ou s’abandonner.

Le personnage de Timothée m’a aussi plu car il ne s’agit pas seulement du beau gosse du lycée tombeur de filles qui s’intéresse soudainement à l’héroïne comme pour prouver qu’elle est effectivement spéciale. Bien au contraire, il existe un véritable lien entre Abigail et lui, qui se dessine au fur et à mesure des italiques concluant certaines journées en livrant les pensées les plus prégnantes de Timothée.

Enfin j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de la grand mère qui est tel que je les aime : une femme forte qui a élevé sa petite fille avec des préceptes de morale très old school, et en même temps avec énormément de tendresse. Et puis son histoire avec André, un libraire, la rend également très humaine.

En dehors des personnages, et de l’intrigue qui était finalement assez nouvelle pour moi, j’ai apprécié aussi la narration de cette histoire: une succession de jours, un peu à la façon d’un journal intime, qui commencent tous par une date et une indication sur la phase de la Lune. Et souvent quelques évocations de la météo, qui ne sont pas tout à fait anodines.

J’attends donc avec impatience le prochain tome qui devrait sortir en septembre (l’auteure a eu la gentillesse de me le préciser dans un PS de sa dédicace). En attendant, je conseille ce livre à ceux qui ont un faible pour l’univers celtique, qu’ils soient connaisseurs ou non, d’ailleurs, car c’est vraiment un élément clé de ce roman.

Les Herbes de la Lune, Anne Laure (Le Chat Noir, 2014)

Autre Monde, tome 1: L’Alliance des Trois

 

L'Alliance des Trois, Maxime Chattam

L’Alliance des Trois, Maxime Chattam

Ce roman m’a été « prescrit » par mon médecin pour me détendre ( si on pouvais vraiment soigner les gens grâce aux livres, on vivrait dans un monde parfait !) et j’avoue que ça a plutôt bien fonctionné. C’est exactement le genre de livre que je ne peux lâcher qu’une fois la dernière page dévorée.

Il faut dire que j’adore les romans où les héros se retrouvent livrés à eux-mêmes en pleine nature et doivent s’organiser pour survivre, un peu comme Robinson Crusoë. A ceci près que Robinson était tranquille sur son île alors que dans Autre Monde le danger guette à chaque coin de rue… ou du moins ce qu’il en reste. En effet le roman commence par une gigantesque tempête qui engloutit New York sous les éclairs et la neige et affecte de façon assez étrange aussi bien les humains que les animaux.

C’est dans ce contexte apocalyptique que commence la fuite des héros qui tentent d’échapper à de mystérieuses créatures montées sur des sortes d’échasses et munies d’yeux / projecteurs, ainsi qu’à un étrange Il qui redoute que les adolescents ne trouvent refuge au « sud ». Cap vers le sud, donc ! Et voilà nos héros en train de naviguer … dans une rame de métro envahie par les flots !

Et ce n’est pas la seule surprise que nous réserve ce roman : tout au long de l’histoire, le lecteur va de surprise en surprise en découvrant un monde nouveau, remanié par une Nature déchainée et où les survivants doivent trouver une nouvelle façon de vivre en société. Ce qui inclut, bien sûr, des complots, des secrets, des tentatives de meurtres et autres pièges diaboliques.

Finalement, je trouve que le roman est à l’image de son titre : mystérieux et surprenant. En effet, il est question de l’alliance des trois, or s’il y a bien une bande de trois amis au début de l’histoire, l’un d’eux disparait très vite. Mais alors qui est ce troisième membre auquel fait référence le titre ? Il faut attendre quasiment le milieu du roman pour le savoir !

Mention spéciale également pour Plume, l’énorme chienne qui porte le même nom que mon minuscule chaton, cela m’a beaucoup fait rire. D’autant plus que ce personnage secondaire se révèle finalement plutôt attachant.

Enfin, j’ai beaucoup aimé le côté très réaliste et humain des héros. Certes Matt doit utiliser son épée pour se défendre, et tuer des personnes, mais il n’a rien à voir avec un chevalier qui distribue des coups de lames à tort et à travers sans même sourciller. Ici le héros est confronté à l’horreur de la mort, au fer qui déchire les chairs, et n’éprouve que du dégout et de la tristesse en repensant à ses actes.

Je conseille donc ce roman à tous ceux qui n’ont peur de se lancer ni dans une longue saga ( déjà 7 tomes parus à ce jour), ni dans une aventure épique au coeur d’une toute nouvelle Terre.

L’Alliance des Trois, Maxime Chattam (Le livre de poche, 2012)

Chi, une vie de chat

Si comme moi vous aimez parler à votre chat et vous avez l’impression qu’il vous répond, alors ce manga est fait pour vous. En effet, Chi relate l’histoire d’un chaton si tête en l’air qu’il perd un jour toute sa fratrie de vue et se retrouve tout seul. Heureusement, sa raconte avec le petit Yohei va lui ouvrir les portes d’une nouvelle vie dans la sympathique famille Yamada. Seul problème, tout ce petit monde habite dans un immeuble interdit aux chats ! Et quand un gros matou aux allures d’ours commence à semer la zizanie chez les voisins, les Yamada craignent que leur petit protégé ne soit découvert. Que faire ? Quitter l’appartement ? Ou faire adopter Chi par une autre famille ? A vous de le découvrir !
J’ai beaucoup aimé ce manga pour sa petite héroïne à quatre pattes joyeuse et gaffeuse, et surtout pour son côté incroyablement réaliste. Chi se conduit comme un véritable chat le ferait : elle préfère jouer avec l’emballage en plastique de son jouet plutôt qu’avec le jouet lui-même, elle s’endort n’importe où, et elle voit des proies partout, que ce soit un morceau de poulet ou vrai oiseau. Mais ce qui m’a fait le plus rire, c’est la façon dont l’auteur raconte les aventures de Chi, en faisant parler ses maitres, mais aussi le chaton, dont les paroles sont traduites en langage « humain ». Et c’est à ce moment là que le lecteur se rend compte que lorsqu’il parle à son chat, ils ont probablement une conversation de sourds.
Les autres personnages sont aussi très sympathiques, peut-être trop pour être vraiment crédibles, mais le côté kawaï est totalement assumé dans ce genre de manga. J’ai en particulier aimé le petit Yohei qui prend Chi tour à tour pour une peluche, un doudou, un jouet … mais aussi le gros chat-ours un peu inquiétant au départ mais qui se révèle être très rusé, et d’une grande aide pour la pauvre Chi qui ne connait rien à la vie. Les dessins sont également très jolis, et en couleur, ce qui ne gâche rien.
Je conseillerais donc ce livre aussi bien aux amoureux des chats qu’à ceux qui y sont un peu plus réticents, car comment ne pas craquer pour les grand yeux et le cheveu sur la langue de la petite Chi ?

Chi, Kanata Konami (11 tomes disponibles Glénat, 2010-2014)

Alsorvampred, Tome 1: Le Deuil de l’Ignorance

Alsorvampred, Chloé Delalandre

Alsorvampred, Chloé Delalandre

Alsorvampred, mais que peut bien signifier ce mot aux allures de formule magique ? Malheureusement, je ne peux pas vous le révéler sans gâcher une partie de l’intrigue, à vous donc de le découvrir en lisant le premier tome de cette série : Le Deuil de l’Ignorance.

Ce que je peux quand même révéler sur ce tome, c’est que j’ai souvent été partagée en le lisant. D’un côté tout est très rapide : la description de l’héroïne, son départ pour rejoindre sa meilleure amie après une peine de cœur dont on ne sait rien, les quelques indices sur son passé, la mort de ses parents. Du coup, on a l’impression que l’auteur a voulu bâcler cette présentation pour en arriver directement au cœur de l’histoire. Et parfois cette rapidité dessert la crédibilité de l’intrigue : Emy quitte tout pour rejoindre sa meilleure amie, elles décident d’ouvrir une boutique ensemble dans la même journée et en moins d’une semaine tout est réglé et le commerce est florissant, vous y croyez, vous ?  De même que tous ces gens qui accueillent Emy à bras ouverts alors qu’elle ne les connait pas, et qui vont même jusqu’à l’inviter à boire le thé, sans que cela l’étonne plus que ça.

Mais alors, y-t-il vraiment un intérêt à lire ce livre ? pourriez-vous me demander. Et bien oui. Car après ce début un peu rapide, une véritable intrigue avec des mystères, des secrets, des révélations se met peu à peu en place. Et surtout, il y a ce fil rouge, ou plutôt noir, très noir, qui revient, peut-être trop rarement, entre deux chapitres. Bien qu’on comprenne tout de suite qu’il est en lien avec l’héroïne et son passé, les informations sur le mystérieux homme en noir et ses intensions sont distillées avec assez de parcimonie pour vraiment intriguer le lecteur.

Malgré tout, il faut bien avouer qu’un certain nombre d’éléments sont assez convenus. Notamment le jeune homme mystérieux dont Emy tombe raide amoureuse, qui est d’une beauté parfaite, avec un regard hypnotique et la peau pâle et glacée. Personnellement, je n’avais aucune envie d’une énième histoire de vampire qui tombe amoureux-alors-qu’il-ne-faut-pas d’une humaine, mais dans ce cas, les choses sont un peu différentes. Et c’est grâce à cet «  alsorvampred » que l’histoire qui aurait pu être d’une banalité sans nom retrouve finalement tout son intérêt.

Le Deuil de l’Ignorance est donc un livre sans grande prétention, mais dont les personnages peuvent se révéler attachants et avec suffisamment de petits mystères pour être agréable à lire.

 Le Deuil de l’Ignorance, Chloé Delalandre (Rebelle Editions, 2014)

 

Confessions / Tribulations d’une fan de Jane Austen

Tribulations et Confessions d'une fan de Jane Austen, Laurie Viera Rigler

Tribulations et Confessions d’une fan de Jane Austen, Laurie Viera Rigler

J’avais acheté ces deux livres sans trop savoir à quoi m’attendre, n’ayant pas lu moi-même l’œuvre de Jane Austen, mais il y  avait une offre pour les deux romans, donc je me suis lancée. Et j’ai vraiment bien fait.

Ces deux romans sont en fait deux histoires parallèles, puisqu’il s’agit des récits de deux jeunes femmes ayant échangés, on ne sait trop par quel prodige, leur corps. Ainsi dans le livre Confessions d’une fan de Jane Austen, Courtney, une trentenaire de notre époque, se réveille dans le corps de Jane Mansfield au XIXème siècle. Et dans le livre Tribulations d’une fan de Jane Austen, c’est donc Jane qui se retrouve au XXIème siècle dans le corps de Courtney. Autant dire que le choc des cultures est rude, surtout pour Jane qui ne connait rien du « futur ».

Ceci constitue d’ailleurs une part importante de l’intrigue : comment vivre dans une époque qui n’est pas la sienne et où les conventions sociales sont radicalement différentes. Du côté du XIXème, il est particulièrement inconvenant de rencontrer un homme célibataire sans chaperon, et quant à lui toucher la joie … Alors qu’au XXIème siècle on se baigne en bikini sans la moindre de gêne. Ce décalage est la cause pour les deux femmes d’un certain nombre de problèmes, surtout pour Courtney qui doit accepter qu’elle a non seulement régressé dans le temps mais aussi dans la condition féminine. Pour Jane, même si elle est choquée au départ par le comportement outrageux des gens de cette nouvelle époque, elle s’y habitue rapidement, et finit même par apprécier sa liberté et son indépendance.

Ainsi ces deux romans sont construits en parallèle autour de la découverte par deux « inconnues » de deux sociétés différentes. Pour autant, ces deux jeunes femmes ne sont pas si différentes l’une de l’autre et ce brusque voyage temporel semble avoir une explication : chacune doit, grâce à une regard neuf, changer la vie de l’autre et résoudre ses problèmes.

Car ces deux fan inconditionnelles de Jane Austen ont décidemment un gros problème avec les hommes. D’un côté Jane est persuadée que l’homme dont elle est tombée amoureuse, et qu’elle envisageait d’épouser, l’a non seulement trompée avec une domestique, mais en plus l’a mise enceinte. Alors pour se consoler, elle tombe elle-même dans les bras d’un de ses domestiques et décide de battre froid son ex futur fiancé qui n’y comprend rien. De l’autre côté Courtney était à deux doigts de se marier quand elle a découvert son fiancée dans les bras de celle qui prépare leur pièce montée, et pour couronner le tout, son meilleur ami a couvert son infidèle de fiancé. En résumé, il y a beaucoup de travail qui attend chacune d’elle pour démêler le vrai du faux dans ces histoires de quiproquos et de faux semblants pour que les deux jeunes femmes soient enfin heureuses … dans leur vie respective ?

J’ai eu du mal à me décider sur l’interprétation des dénouements : est-ce que chaque femme retrouve son corps ou est-ce qu’elles finissent chacune leur vie dans le corps de l’autre, je pense que chacun peut imaginer ce qui lui plaira.

Au delà de cette narration  en parallèle et des déconvenues que vont vivre Courtney et Jane, j’ai aussi beaucoup aimé ces romans pour leurs personnages secondaires tous hauts en couleurs et attachants : que ce soit Mary la meilleure amie un peu nunuche de Jane ou Deepa la pétillante nouvelle amie de Courtney, elles apportent toutes un peu de sel dans les intrigues. Les personnages des mères sont aussi très importants, car très semblables dont leur rapport tendu avec leur fille, malgré la différence de siècles. Quant aux personnages masculins, ces romans nous proposent une véritable galerie allant de l’amoureux transit adorable mais timide au séducteur invétéré menteur et manipulateur, en passant par le père artiste mais qui adore sa fille. Il y en a donc pour tous les gouts, des personnages à aimer et d’autre qu’on aime détester.

Je recommande donc ces deux romans à des lectrices fan d’histoires d’amour un peu compliquées avec des héroïnes qui ont du caractère, et  qui mêlent suspens et humour. D’ailleur, je conseille aussi de lire ces livres en commençant par Confessions d’une fan de Jane Austen, car cela permet aux lecteurs de découvrir la société dans laquelle vivait Jane à travers le regard de Courtney et on comprend ainsi mieux pourquoi Jane est si choquée lorsqu’elle se retrouve propulsée à notre époque.

Confessions d’une fan de Jane Austen et Tribulations d’une fan de Jane Austen, Laurie Viera Rigler ( Milady, 2014)

Eragon

Eragon, Christopher Paolini

Eragon, Christopher Paolini

J’ai découvert Eragon lors de sa sortie car le roman avait bénéficié d’une certaine publicité à cause du jeune âge de son auteur. Depuis je l’ai relu quelques fois, mais je m’étais toujours arrêtée au deuxième tome de la saga qui n’avait pas su me motiver pour poursuivre ma lecture. Récemment on m’a prêté les deux derniers tomes, ce qui m’a poussé à reprendre l’histoire depuis le début.

Eragon, qui est donc le premier tome de la série. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’agit typiquement d’un roman de fantasy dans la lignée de romans plus célèbres comme Le Seigneur des Anneaux, comme en témoignent les personnages.  Ainsi on retrouve dans cette saga des nains bruts de décoffrages qui vivent cachés sous terre / dans la montagne où ils forgent des armes, mais aussi des elfes hautains et énigmatiques qui se cachent dans les profondeurs de la forêt où ils vivent en harmonie avec la nature, et entre ces deux peuples, les humains basiques, sans capacités originales. Plus particulièrement, on croise un roi-sorcier mégalomane et diabolique qui opprime tout un peuple, un héros aux origines cachées, tiré de sa campagne profonde par des événements magiques et guidé dans sa quête par un vieux sage barbu. Enfin, on trouve aussi des super méchants, ici appelés des Urgals, mais qui auraient aussi bien pu s’appeler des Orcs.

Rien de très innovant donc, malgré tout quelques personnages m’ont quand même plu, et notamment la dragonne Saphira. Car il ne s’agit pas simplement d’une monture ailée crachant du feu, au contraire, c’est un personnage à part entière du roman, en binôme avec son dragonnier, dont elle est en quelque sorte la conscience. Mais n’allez pas croire que la dragonne est une créature ancestrale et d’une sagesse légendaire, au contraire, le début du roman est marqué par l’éclosion de son œuf et nous permet de suivre ses premiers mois où elle se révèle être aussi espiègle que n’importe quel bébé animal. La scène où elle se saoule à grand renfort de baril de vins des nains est d’ailleurs particulièrement comique.

Du côté des méchants, les Razacs sont également très étonnants, d’autant qu’ils restent très mystérieux jusqu’à la révélation de leur véritable nature dans le deuxième tome. Le mystère qui plane sur eux les rend donc particulièrement intrigants et les atrocités dont ils sont capables, terrifiants.

L’intrigue en elle-même est également très classique : Eragon, sous couvert d’une chasse vengeresse aux Razacs, poursuit une quête initiatique ayant pour but de faire de lui un dragonnier accompli. Cependant tout ne se passe pas comme prévu : d’une part son mentor est assassiné avant d’avoir eu le temps de lui enseigner tout ce qu’il aurait dû, d’autre part le jeune garçon fait la connaissance d’un fuyard qui lui sauve la vie et devient alors une sorte de frère.

Cependant, ce que j’ai apprécié dans la narration, c’est qu’il n’est jamais question de longues descriptions qui n’en finissent pas et lassent le lecteur. Pourtant, le héros traverse de nombreux paysages et villes, mais leurs descriptions restent sommaires, quoique bien représentative.J’avoue avoir particulièrement aimé le prologue où la scène est décrite de façon cinématographique : je n’ai eu absolument aucun mal à me la représenter comme si j’y étais, et pour capter l’attention d’un lecteur, ce prologue fonctionne parfaitement.

Pour conclure, je conseillerais ce roman plutôt à des adolescents qui auraient envie de découvrir la fantasy avec un roman classique mais abordable pour un jeune lectorat. 

Eragon, Christopher Paolini ( Bayard Jeunesse, 2004)

Sept jours pour une éternité

Sept Jours pour une Eternité, Marc Levy

Sept Jours pour une Eternité, Marc Levy

Je vois arriver d’ici les détracteurs de Marc Levy, et je les respecte: après tout, si tout le monde aimait – ou détestait – la même chose, le monde serait bien ennuyeux. Mais je me souviens qu’en introduction d’un cours sur la littérature, une de mes prof de fac avait défini une œuvre littéraire comme étant, entre autre, une œuvre qui permet à son lecteur de s’évader, d’échapper à son quotidien et de rêver. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : j’ai adoré Sept jours pour une éternité, ce livre m’a fait perdre le fil du temps réel et m’a transportée dans un autre univers.

Ce roman est avant tout une histoire d’amour, mais quelle histoire ! Improbable, celle du duel éternel du Bien contre le Mal, avec au final non pas une réponse catégorique, mais plutôt un bel équilibre. Certes, les personnages n’échappent pas aux clichés : la jeune femme qui est un Ange est littéralement angélique : blonde, les yeux bleus, d’une patience infinie et d’une bonté irréelle. Quant à l’homme qui incarne le Mal, il est bien sûr aussi séduisant que ténébreux, machiavélique et arrogant.

Malgré tout, je n’ai pas eu l’impression que l’intrigue sombrait dans la banalité : même s’ils sont stéréotypés, les personnages ne sont au final ni tout noir, ni tout blanc, et tour à tour ils s’essayent au « vice » de l’autre : le démoniaque Lucas tente de faire une bonne action pour la première fois de sa vie, tandis que Zofia accepte de regarder l’humanité dans tout ce qu’elle a de plus sordide sans intervenir. Malheureusement, on ne peut pas aller contre sa nature profonde. Et pourtant, en étant prêt à tout pour sauver celle qu’il aime, Lucas ne prouverait-il pas qu’il est aussi capable de faire preuve de courage et de bonté ? Et que dire de Zofia qui est prête à enfreindre les règles pour rester auprès de son âme sœur ?

Mais ce ne sont pas que les personnages principaux qui font le charme de ce roman, les personnages secondaires sont également très attachants, en particulier la logeuse de Zofia, une vieille dame qui a énormément voyagé et qui a acquis une expérience de la vie comme peu de personnes en ont. Sans oublier la meilleure amie de Zofia, un peu boulet, mais très lucide quand il s’agit de montrer à sa meilleure amie ce qu’elle préfère ignorer. Enfin le vieil homme des docks, un marginal un peu mystérieux, mais qui se révèle être une surprise très émouvante au final.

Une mention spéciale aussi pour les personnages de Dieu et de Satan, j’ai beaucoup aimé l’idée qu’ils soient représentés comme deux vieux amis qui cherchent simplement à savoir qui est le meilleur dans sa spécialité.

Enfin l’intrigue fait qu’il m’a été très difficile de lâcher ce livre. Comme le titre le laisse sous-entendre, il s’agit d’une véritable course contre la montre. Mais surtout, le lecteur ne peut que se demander comment les héros vont bien pouvoir s’en sortir : comment un Ange et un Démon pourraient-ils finir leurs jours ensemble impunément ? Comment faire lorsque ni l’un ni l’autre ne peut intégrer le monde et les valeurs de son alter égo ? Quoi qu’ils tentent, les personnages semblent toujours être condamnés à échouer. Et pourtant ….

Je conseillerais donc ce roman aux personnes qui ont envie de découvrir Marc Levy, mais aussi à celles qui ont simplement envie de passer un bon moment avec une histoire un peu légère mais pleine de rebondissements.

Sept Jours pour une Eternité, Marc Levy ( Robert Laffont 2003)

le Diable s’habille en Prada

Le Diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

Le Diable s’habille en Prada, Lauren Weisberger

Contrairement à ce que son titre semble indiquer, Le Diable s’habille en Prada ne s’adresse pas forcement aux fashionistas qui adulent les magazines féminins, puisqu’il s’agit plutôt d’une critique du milieu aussi glamour qu’impitoyable du monde de la mode.

J’ai découvert ce livre après avoir vu le film, et j’ai été agréablement surprise. Certes, j’avais beaucoup aimé le film (du moins la VO) parce que j’ai ce petit côté fifille qui se réveille devant un défilé de jolis vêtements portés par une fille toute aussi jolie, et que Meryl Streep est vraiment magistrale dans le rôle de Miranda Priestly, la rédactrice en chef du célèbre magazine Runaway. Mais le livre est bien meilleur : il n’y a pas de happy end forcé, Miranda reste une bitch boss from Hell jusqu’au bout (ce qu’on peut traduire par la plus grande peau de vache que l’univers ait jamais connue, et encore, c’est bien en dessous du caractère du personnage dans le roman) et surtout, l’intrigue est plus complexe, et donc moins naïve.

En effet, il existe plusieurs personnages dans le roman qui n’apparaissent jamais dans le film, dont Lily, la meilleure amie d’Andy qui est vraiment un élément clé de l’intrigue. Ainsi, si dans le film le soudain revirement d’Andy semble assez inexplicable (en plus d’être cautionné par Miranda, ce qui n’arrivera jamais dans le livre), le pétage de plomb de l’héroïne est totalement justifié dans le roman, ce qui fait d’Andy un personnage bien plus réaliste que dans le film.

Je conseille donc ce livre à toutes les filles qui aiment les magazines de mode sans trop les prendre aux sérieux, et surtout à celles qui auraient trouvé le film un peu naïf et qui voudrait se faire une autre idée de cette histoire plutôt rafraichissante pour un week end estival.

Le Diable s’habille en Prada, Lauren Weisberger (Fleuve Noir, 2004)

Les Petits Secrets d’Emma

Les Petits Secrets d'Emma, Sophie Kinsella

Les Petits Secrets d’Emma, Sophie Kinsella

Qui n’a jamais eu d’innocent petit secret gardé bien au chaud ? Qui n’a jamais menti à son petit ami sur son poids ? Qui n’a jamais prétendu adorer un cadeau de Noël horrible ? Qui ne s’est jamais inventé un don pour les langues devant ses collègues de bureaux ? Qui n’a jamais feint d’avoir lu un livre alors qu’il n’en a jamais lu que la quatrième de couverture ?

Seulement, qui est déjà allé déballer tous ces petits mensonges ordinaires à la seule personne au monde qui devrait les ignorer ? Et bien Emma, justement. Persuadée que l’avion dans lequel elle voyage va s’écraser, elle se livre à son voisin, qui n’est autre que le grand patron de son entreprise. Aïe, aïe, aïe, surtout quand ledit patron s’invite pour une visite surprise dans les locaux de l’entreprise et qu’il a tout retenu, dans les moindres détails, des secrets révélés.

En commençant ce livre, je me suis dit que l’intrigue était cousue de fil blanc : Emma se confie à son voisin qui la trouve absolument irrésistible avec tous ses adorables petits défauts et hop, ils sont super amoureux, font plein d’enfants et vivent heureux et pour longtemps.

C’est pourquoi j’ai été ravie de constater qu’il n’en était rien. Bien sûr une belle histoire d’amour se profile, mais pas si simple de sortir avec une personne pour qui on n’a plus aucun secret, surtout quand à la base on forme le couple parfait avec Mister Perfection, qu’une colocataire fouineuse et avide de potins s’en mêle et que son avocate de meilleure amie, danseuse étoile à ses heures perdues, essaye tant bien que mal de gérer tout ce bazar.  Au final, l’histoire se révèle très captivante, notamment avec ce mystère qui plane autour du patron et de ses secrets qu’il refuse catégoriquement de partager.

L’autre point fort du roman est sa galerie de personnages hauts en couleurs : Emma dans le rôle de la girl next  door maladroite et gaffeuse, mais néanmoins attachante, ainsi que toute sa famille, en passant par sa sœur super chic, super intelligente, super riche, bref, super parfaite, jusqu’à son grand père un peu sénile mais tellement drôle. Sans oublier les deux colocataires d’Emma : entre celle qui cherche l’homme (riche) parfait qui lui passera un diamant au doigt et celle qui est accro aux mots croisés, la vie quotidienne ne manque pas de piquant.

En résumé, Les Petits Secrets d’Emma est le roman qui m’a fait découvrir Sophie Kinsella et qui m’a fait adorer son univers.

 Les Petits Secrets d’Emma, Sophie Kinsella (Pocket, 2008)

Hunger Games

Hunger Games, Suzanne Collins

Hunger Games, Suzanne Collins

Attention, cet article contient des spoilers: je l’ai donc divisé en trois parties correspondant aux trois tomes pour que vous puissiez vous arrêter avant qu’il ne soit trop tard

  • Tome 1 : Hunger Games

Je me suis décidée à lire cette trilogie après avoir vu le deuxième film qui m’avait vraiment laissée sur ma faim: je voulais savoir ce qui allait arriver à Katniss et aux autres survivants. Malheureusement, j’avoue que j’ai été déçue des livres. Le trilogie m’a fait l’effet d’un soufflé monté bien haut et qui se dégonfle et s’aplatit complètement.

Le premier livre m’a beaucoup plu, j’ai tout de suite adhéré à l’univers : une Amérique post apocalyptique désormais nommée Panem, avec une région centrale, le Capitol, qui contrôle des districts opprimés au nom de la sécurité nationale. C’est également ce qui justifie les Hunger Games, des jeux macabres durant lesquels deux enfants de chaque district sont envoyés dans une arène où il ne peut rester qu’un survivant. J’ai également apprécié le personnage de Katniss, une jeune fille frondeuse qui se porte volontaire à la place de sa sœur.

L’intrigue est bien construite, les chapitres se finissent toujours par une annonce qui donne envie de lire la suite, et le principe même des jeux fait qu’on reste en haleine jusqu’à la fin pour savoir si oui ou non Katniss survivra. De plus, la supposée histoire d’amour entre les deux tributs du même district corse un peu plus la situation, car il n’est supposé en rester qu’un à la fin.

Le livre est cependant beaucoup moins soft que le film, les souffrances des tributs sont décrites en détails, en particulier la mort atroce d’un des derniers survivants qui se fait mâchouiller des heures par des chiens mutants qui n’arrivent pas à percer son armure. En lisant ce passage, je me suis sentie aussi mal que Katniss qui assiste à la scène.

  • Tome 2: L’embrasement 

Finalement, même si la bravade finale de Katniss à la fin du premier tome est considérée comme un geste de rébellion envers le système, il me semble que l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais l’auteur a choisi justement de continuer dans la veine de la rébellion, ce qui a donné lieu à un deuxième tome. Le début du livre, comme celui du film, est un peu long et plat: la tournée des vainqueurs est certes nécessaire pour attiser le vent de rébellion qui souffle sur les districts, mais il faut bien reconnaitre qu’il ne se passe pas grand-chose de palpitant pendant ce voyage.

Mais la deuxième partie, ou plutôt le tiers restant, du livre est plus intéressant avec une nouvelle édition des jeux où ce sont les anciens vainqueurs qui devront s’affronter. L’horreur est alors à son comble, puisque tous ces survivants sont devenus plus ou moins amis, et étaient en théorie immunisés contre les nominations aux jeux.

C’est là que le personnage de Katniss a commencé à m’agacer un peu. Je veux bien comprendre le côté brisé de la jeune fille après le traumatisme des premiers jeux, mais je trouve que c’est justement un aspect un peu trop surexploité de sa personnalité. Heureusement, l’arrivée d’autres personnages hauts en couleur pimente un peu ces nouveaux jeux.

Et puis l’enlèvement final de Katniss par un personnage important des jeux est franchement un coup de génie qui relance l’intrigue : pourquoi a-t-il fait ça ? Il est censé être du côté du Capitole, alors est-ce un piège ? Que sont devenus les tributs qui ont été récupérés par le Capitole ? Sont-ils toujours en vie ? Tout cela promettait un troisième tome passionnant.

  • Tome 3: La Révolte

Mais il n’en est rien. L’histoire du district secret comme base de la rébellion était pourtant une bonne idée, mais le personnage de Katniss, à moitié folle, à moitié dépressive, qui essaye de se la jouer rebelle mais au final ne fait que se morfondre devient assez dur à supporter. Quant à ses histoires de cœurs, elles deviennent de plus en plus lourdes et improbables. La tournure même que prend la rébellion me semble tirée par les cheveux. Certes, l’intrigue est simple à comprendre : la chef des Rebelles n’avait en fait en tête que l’idée de prendre le pouvoir, sans vraiment changer les choses et le président Snow le savait depuis le début, du coup Katniss se rend compte à quel point elle a été manipulée, et sombre encore une fois dans la folie. La suite prend alors des allures de happy end forcé et pas réellement convainquant. 

Personnellement, je ne m’attendais pas à cette fin. C’est vrai que le personnage de Coin n’était pas très sympathique, mais de là à en faire une manipulatrice avide de pouvoir … Et puis, au final, toute cette révolte n’aura rien changé, puisque les opprimés réclament vengeance et que ce sont les oppresseurs qui devront désormais offrir leur quota de tributs aux Hunger Games. J’ai envie de dire : tout ça pour ça ? Je ne vais pas dire que l’être humain est parfait et magnanime mais je trouve que ce dénouement donne une image assez pessimiste de ce dont sont capables les hommes.

Finalement, le personnage de Katniss a fini par me lasser, et la fin de l’histoire m’a laissé comme un gout d’inachèvement.

Malgré tout, je dois admettre que quelque soit le tome, l’histoire est toujours très bien écrite, et la narration donne toujours envie de continuer car dès qu’un problème ou une question trouvent une solution, un nouveau problème apparait, une nouvelle révélation éclate, et c’est reparti pour un chapitre de plus à dévorer. 

 Hunger Games, Suzanne Collins (Pocket Jeunesse, 2011)