Chi, une vie de chat

Si comme moi vous aimez parler à votre chat et vous avez l’impression qu’il vous répond, alors ce manga est fait pour vous. En effet, Chi relate l’histoire d’un chaton si tête en l’air qu’il perd un jour toute sa fratrie de vue et se retrouve tout seul. Heureusement, sa raconte avec le petit Yohei va lui ouvrir les portes d’une nouvelle vie dans la sympathique famille Yamada. Seul problème, tout ce petit monde habite dans un immeuble interdit aux chats ! Et quand un gros matou aux allures d’ours commence à semer la zizanie chez les voisins, les Yamada craignent que leur petit protégé ne soit découvert. Que faire ? Quitter l’appartement ? Ou faire adopter Chi par une autre famille ? A vous de le découvrir !
J’ai beaucoup aimé ce manga pour sa petite héroïne à quatre pattes joyeuse et gaffeuse, et surtout pour son côté incroyablement réaliste. Chi se conduit comme un véritable chat le ferait : elle préfère jouer avec l’emballage en plastique de son jouet plutôt qu’avec le jouet lui-même, elle s’endort n’importe où, et elle voit des proies partout, que ce soit un morceau de poulet ou vrai oiseau. Mais ce qui m’a fait le plus rire, c’est la façon dont l’auteur raconte les aventures de Chi, en faisant parler ses maitres, mais aussi le chaton, dont les paroles sont traduites en langage « humain ». Et c’est à ce moment là que le lecteur se rend compte que lorsqu’il parle à son chat, ils ont probablement une conversation de sourds.
Les autres personnages sont aussi très sympathiques, peut-être trop pour être vraiment crédibles, mais le côté kawaï est totalement assumé dans ce genre de manga. J’ai en particulier aimé le petit Yohei qui prend Chi tour à tour pour une peluche, un doudou, un jouet … mais aussi le gros chat-ours un peu inquiétant au départ mais qui se révèle être très rusé, et d’une grande aide pour la pauvre Chi qui ne connait rien à la vie. Les dessins sont également très jolis, et en couleur, ce qui ne gâche rien.
Je conseillerais donc ce livre aussi bien aux amoureux des chats qu’à ceux qui y sont un peu plus réticents, car comment ne pas craquer pour les grand yeux et le cheveu sur la langue de la petite Chi ?

Chi, Kanata Konami (11 tomes disponibles Glénat, 2010-2014)

14-14

14-14, Silène Edgar et Paul Beorn

14-14, Silène Edgar et Paul Beorn

En avril dernier, le label Castelmore a sorti un sympathique roman à quatre mains pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale. Dans 14-14, nous suivons Hadrien et Adrien, deux adolescents de 13 ans comme les autres. L’école, les filles, le rapport à l’autorité parentale… leurs préoccupations sont les mêmes à une exception près : les deux garçons vivent à cent ans d’écart !

Hadrien rêve de passer son certificat pour entrer au petit lycée : il vit en 1914 et ne se doute pas qu’une guerre meurtrière va bientôt se déclarer. Adrien, lui, vit en 2014 et n’a qu’une idée en tête : réussir enfin à avouer son amour à Marion, sa meilleure amie. Hadrien se heurte au refus de son père, qui souhaite le voir reprendre l’exploitation familiale, tandis qu’Adrien a le cœur brisé en apprenant que Marion s’est trouvé un petit ami. Un peu par hasard, les deux garçons commencent à correspondre et deviennent bientôt des amis et des confidents. Ils découvrent progressivement que cent ans les séparent et dès lors, Adrien va chercher par tous les moyens à prévenir Hadrien pour qu’il se mette à l’abri.

J’ai d’abord eu du mal à entrer dans l’histoire. Déçue par la platitude des échanges entre les deux garçons, je m’attendais à poursuivre une lecture bourrée de clichés et d’évènements prévisibles. Je trouvais cependant dommage de stopper ma lecture après quelques chapitres et j’ai décidé de laisser sa chance au roman. Bien m’en a pris, car la suite de l’histoire s’est révélée bien plus intéressante ! J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’amitié grandissante entre les deux garçons. Si les débuts polis de leur correspondance sont peu intéressants, les deux adolescents s’apprivoisent rapidement et la confiance qui s’établit entre Adrien et Hadrien est très touchante. Confidents, ils se conseillent et se donnent mutuellement le courage nécessaire d’affronter pour l’un, sa famille et la tradition et pour l’autre, ses sentiments. L’humour et les situations cocasses ne manquent pas, car les références ne sont pas du tout les mêmes en 1914 et 2014 (je défie quiconque de ne pas sourire lorsque Hadrien s’interroge après qu’Adrien lui a demandé son adresse email !).

Mais là où le roman se démarque et est particulièrement réussi, c’est dans l’écriture à quatre mains. Il règne une belle harmonie entre les chapitres du point de vue d’Hadrien (aka Silène Edgar) et ceux du point de vue d’Adrien (aka Paul Beorn), à tel point qu’on croirait presque lire la plume d’un seul auteur. Même si l’on sent que le roman s’adresse à un public jeune, l’écriture des deux auteurs est riche, fluide et agréable à lire. 14-14 se lit vite certes, mais l’intrigue est complète : pas de raccourcis, une trame réfléchie et une véritable évolution des personnages – c’est ce que proposent Silène Edgar et Paul Beorn.

14-14 ne se veut pas un documentaire : c’est une fiction qui permet d’avoir un aperçu de ce qu’était la vie d’un adolescent en 1914 tout en suivant une belle histoire d’amitié. Le roman prend une réelle ampleur en seconde partie et la fin, joliment amenée, clôture l’histoire d’Hadrien et Adrien de manière tout à fait satisfaisante. Une belle lecture à proposer à des collégiens, pour perpétuer le devoir de mémoire de manière originale !

14-14, Silène Edgar et Paul Beorn (Castelmore, 2014)

Notre-Dame des loups

Notre-Dame des Loups, Adrien Tomas

Notre-Dame des Loups, Adrien Tomas

Au cœur des éditions Mnémos, Adrien Tomas commence à avoir sa petite réputation. N’ayant pas le temps de m’atteler à l’énorme pavé qu’est La Geste du sixième royaume, le premier roman de cet auteur, je me suis décidée à le découvrir au travers de Notre-Dame des loups, un roman beaucoup moins conséquent dont le synopsis m’intriguait.

Mi-XIXème siècle, entre bois hostiles et bourrasques enneigées, nous suivons une troupe de Veneurs sans scrupule, qui traquent un gibier bien singulier : les wendigos – ou loups-garous – engeance débarquée d’Europe pour infester les forêts américaines. Armés de munitions d’argent, les sinistres chasseurs s’enfoncent dans la forêt blanche pour débusquer Notre-Dame des loups, reine des lycanthropes, et éradiquer ainsi ce peuple monstrueux. Les uns après les autres, ils se cèdent la parole pour rapporter les étapes de la chasse et ajouter à la narration de la traque leur propre histoire – souvent chargée de deuil, de déception, de destruction.

Le thème du loup-garou m’a toujours intriguée, alors que les vampires par exemple ne m’ont jamais vraiment intéressée, et j’ai eu d’autant plus de plaisir à découvrir cette œuvre assez atypique. Entre fantastique, horreur et un rien de western, avec une miette de polar en prime, Notre-Dame des loups sait se rendre étonnant. Au fil des pages, l’ambiance s’installe efficacement : avancée dans le froid et sous la neige, repas froid avalé en vitesse, calme des grands bois hantés par les loups, perception d’un danger toujours latent, de plus en plus prononcé tandis que la nuit tombe… Nous participons pleinement à la traque, dépeinte par toute une série de narrateurs première personne. L’atmosphère inquiétante et hivernale est réussie et immersive.

La construction du récit est à mon sens une autre des belles trouvailles de cet ouvrage – même si j’émettrai quelques réserves sur ce point dans la suite de ma critique. L’enchaînement des points de vue des différents traqueurs nous permet d’avancer dans le récit sans jamais nous ennuyer, dans l’attente de découvrir une nouvelle histoire, une nouvelle personnalité, et même un nouveau langage – car chaque protagoniste a sa manière de dire les choses et d’analyser la situation. Alors qu’Arlington, ancien journaliste, prendra le temps de poser le décor, le jeune Billy aura un langage beaucoup plus grossier et vivant, tandis que le cultivé Würm parlera avec une élégante distinction. Et chaque personnage a ses raisons bien à lui d’intégrer la troupe, qu’il ne nous dévoile entièrement qu’à son tour de parole.

Il y a donc toute une ambiance et toute une toile d’intrigues à déguster, dans ce petit roman bien riche, à l’écriture soignée et aux références historico-littéraires multiples. Nous reviennent en tête les différentes bêtes anthropophages qui ont battu nos campagnes (la bête du Gévaudan étant explicitement citée), les récits liés aux lycanthropes et à leur phobie de l’argent, à leur métamorphose nocturne, à la hiérarchie de leur meute ; et, dans un tout autre registre, les western où une horde de cow-boys dépenaillés poursuivent des brigands sans foi ni loi, ainsi que les différents mythes liés aux chasses éternelles et mystérieuses. Peu de pages, une seule traque, et pourtant tout un paquet de références qui me rattrapent à la volée des alinéas.

Mais des choses ratent, mine de rien. Comme plusieurs romans édités chez Mnémos (je songe aux livres de Justine Niogret), Notre-Dame des loups est – trop – court. Tout allait bien jusqu’à ce que l’auteur se précipite, soucieux de terminer son roman en moins de deux cents pages, et la fin m’a parue trop hâtive, trop ramassée. Ce n’est pas la longueur du livre qui me dérange, non, ça n’a même rien à voir avec ce que je veux exprimer ici. Mais la conclusion m’a semblé cinglante, une résolution brutale en un épilogue à rebondissements vaguement inattendus, qui trouve bizarrement sa place dans un roman où l’on s’était confortablement installé. La traque s’achevait, oui, il fallait bien en arriver à la confrontation avec la Dame, mais les trois dernières pages-guillotine m’ont laissée sur ma faim.

Il y a aussi quelque chose qui m’a gênée au niveau de la construction du roman. Si j’ai beaucoup apprécié ce parcours narratif, qui nous fait aller d’un personnage à un autre pour nous faire découvrir toute la troupe histoire par histoire, les transitions si semblables entre un narrateur et un autre m’ont un peu gâché la surprise de l’intrigue. On a vite fait de comprendre ce qui clôturera chaque chapitre et, de ce point de vue-là, la table des matières est un beau moyen de se spoiler une part de l’histoire. Cet aspect du bouquin n’a pas fonctionné avec moi – et difficile d’en dire plus sans dévoiler un pan important de l’affaire. Bref, si l’idée de la traque m’a plu, la partie devinable de son avancement ne m’a pas pleinement convaincue.

Cependant, l’ouvrage m’a intriguée et j’ai joué le jeu jusqu’à l’avant-dernier chapitre, savourant les nuits glaciales emplies d’yeux jaunes et la pénible traversée des bois, rythmée par les détonations des balles d’argent. Si toute l’évolution de l’intrigue ne m’a pas entièrement satisfaite, j’ai cependant bien envie de me lancer, enfin, dans la longue lecture de La Geste du sixième royaume.

Notre-Dame des loups, Adrien Tomas (Mnémos, 2014)

le Diable s’habille en Prada

Le Diable s'habille en Prada, Lauren Weisberger

Le Diable s’habille en Prada, Lauren Weisberger

Contrairement à ce que son titre semble indiquer, Le Diable s’habille en Prada ne s’adresse pas forcement aux fashionistas qui adulent les magazines féminins, puisqu’il s’agit plutôt d’une critique du milieu aussi glamour qu’impitoyable du monde de la mode.

J’ai découvert ce livre après avoir vu le film, et j’ai été agréablement surprise. Certes, j’avais beaucoup aimé le film (du moins la VO) parce que j’ai ce petit côté fifille qui se réveille devant un défilé de jolis vêtements portés par une fille toute aussi jolie, et que Meryl Streep est vraiment magistrale dans le rôle de Miranda Priestly, la rédactrice en chef du célèbre magazine Runaway. Mais le livre est bien meilleur : il n’y a pas de happy end forcé, Miranda reste une bitch boss from Hell jusqu’au bout (ce qu’on peut traduire par la plus grande peau de vache que l’univers ait jamais connue, et encore, c’est bien en dessous du caractère du personnage dans le roman) et surtout, l’intrigue est plus complexe, et donc moins naïve.

En effet, il existe plusieurs personnages dans le roman qui n’apparaissent jamais dans le film, dont Lily, la meilleure amie d’Andy qui est vraiment un élément clé de l’intrigue. Ainsi, si dans le film le soudain revirement d’Andy semble assez inexplicable (en plus d’être cautionné par Miranda, ce qui n’arrivera jamais dans le livre), le pétage de plomb de l’héroïne est totalement justifié dans le roman, ce qui fait d’Andy un personnage bien plus réaliste que dans le film.

Je conseille donc ce livre à toutes les filles qui aiment les magazines de mode sans trop les prendre aux sérieux, et surtout à celles qui auraient trouvé le film un peu naïf et qui voudrait se faire une autre idée de cette histoire plutôt rafraichissante pour un week end estival.

Le Diable s’habille en Prada, Lauren Weisberger (Fleuve Noir, 2004)

Mordred

Mordred, Justine Niogret

Mordred, Justine Niogret

J’ai souvent trouvé aux éditions Mnémos une allure d’orfèvrerie. Leurs romans sont soignés, ciselés, travaillés avec art et dorure ; mais, si une poignée (comme les œuvres de Charlotte Bousquet ou La Pucelle de Diable-Vert de Paul Béorn) m’ont enchantée, beaucoup m’ont malheureusement déçue, portés par un souffle qui s’épuise, une histoire qui se prend les pieds dans le tapis. Chien du heaume et sa suite, Mordre le bouclier, sont plutôt de ce genre-ci. Premiers romans de Justine Niogret, bouquins de feu et de fer, les tribulations de Chien se cassent les dents sur leurs intrigues, en dépit de toutes leurs autres qualités.

Et voilà que Mordred, nouveau-né de Niogret chez Mnémos, me nargue sur le présentoir des nouveautés de la bibliothèque reconstruite de Saint-Max. Temps de vacances, je l’emprunte et l’avale. Avec cette petite crainte au coin de l’esprit de finir ma lecture aussi désappointée qu’après Chien.

Le début me donne raison : Mordred – fils de Morgause, « neveu » d’Arthur – souffre d’une grave blessure au fond de son lit et rêve d’une poignée de souvenirs : la maisonnette de sa mère, ses promenades dans la forêt et la campagne, sa rencontre avec l’affreux Polîk, sa rencontre avec son « oncle » Arthur… Des petits décors diablement bien mis en scène, colorés, vivants, intimes… et rien de plus, cependant. Je soupire, car Chien du heaume m’avait semblé de même acabit : une forge grondante créant des scènes de toute beauté mais ne parvenant pas à faire avancer l’histoire. Et je m’obstine et Mordred finit par me convaincre.

Après tout, Justine Niogret a vraiment une langue étourdissante. Pas un seul mot de travers, pas une seule expression facile : tout est pesé et martelé. Le vocabulaire est riche, la phrase tournée avec ancienneté et poésie, les images traduisent force et profondeur, les détails chatoient. Chien du heaume jaillissait directement des flammes de la forge en une langue brutale et magnifique, mais Mordred est plus délicat : à côté de quelques scènes violentes, le combat avec l’Aspic ou la bataille, les souvenirs d’enfance posent en contraste des décors apaisants, mélancoliques – comme le superbe portrait de l’Ouzom, le torrent voisin de la demeure de Morgause, que Mordred tient « au secret de lui-même ».

Puis vient l’histoire. J’ai mis quelques temps à comprendre l’enjeu, ne me rappelant de Mordred que le chevalier félon qui trahit Arthur, son parent et son roi. La quatrième de couverture, en cela, est un peu salvatrice : elle résume le rôle de Mordred dans sa légende, révélant quelques ficelles plutôt bienvenues pour décrypter le récit de Justine Niogret qui n’affirme jamais nettement les choses. Le mythe est ici repris, retravaillé, réécrit : Mordred, personnage fou et ombrageux au noir destin, est doté d’un visage humain, de souvenirs touchants et d’un amour profond pour Arthur, qui transforme le crime inévitable du chevalier en un acte tout autre – loin d’une trahison inique. Mordred est ici un homme entre deux chemins, bercé entre les doux souvenirs de son enfance marquée par la figure maternelle de Morgause, et la vie brutale du chevalier s’entraînant, combattant, tuant sous les ordres de son parent Arthur. Blessé au cours d’une joute, le jeune homme interdit à sa blessure de guérir et, pendant un an, garde le lit dans une vaine tentative d’esquiver le destin que sa légende a défini. Viennent alors les rêves et les souvenirs, qui dressent le portrait élaboré de ce personnage tragique et nous permettent de comprendre sa relation centrale avec Arthur. Le roi de légende, loin de la figure épique que l’on connaît, est un homme vieillissant, lucide quant à ses faiblesses.

La réécriture est belle, oui, teintant le mythe de réalisme et d’originalité. Mais elle ne m’a qu’en partie convaincue. Brève (cent soixante pages), elle est rythmée de manière étrange : le début nous endort un peu dans l’intimité des souvenirs de Mordred, le lent récit met posément les personnages en place, Mordred se souvient, se souvient et se souvient encore, les mêmes souvenirs finissant par tourner en boucle ; puis il guérit, et son destin tombe comme un couperet, se résout en quelques pages. J’ai été certes très touchée par la fin, mais je l’aurais aimé plus étoffée : la résolution (bien que fidèle aux légendes) jaillit presque en même temps que les fils de l’intrigue à dénouer ; après avoir été enfermé pendant des jours dans une chambre obscure, le lecteur est jeté dehors, tourbillonne sur lui-même pour regrouper les indices, se fait gifler par les dernières pages. Le roman se clôt dans un fracas ; le doux début n’est plus qu’un vague souvenir.

De plus, mais c’est là un argument bien plus personnel, Mordred est un roman enfermé, un presque huis-clos, tout comme l’est Chien du heaume. Et j’ai étouffé au cours de la lecture, même si les souvenirs permettent d’ouvrir le récit de fort jolie manière.

Mais enfin je n’ai pas détesté ce roman. Je n’avais pas détesté Chien du heaume et Mordre le bouclier. Justine Niogret a un talent indéniable, une écriture de métal forgé, une peinture acérée des âmes et des actes. Ses romans sont des curiosités qui méritent amplement d’être connues et, sans les avoir nettement appréciés, je n’hésite pas à les recommander. Mordred m’a d’ailleurs davantage intéressée que les deux tomes traitant de Chien. Je ne sais même pas pourquoi… Car je connaissais déjà l’art de Justine Niogret et savais donc par avance ce qui me plairait et ce qui me gênerait ? Car j’ai trouvé que ses délicates descriptions de l’enfance de Mordred ajoutaient une facette supplémentaire à son style de forgeron ? Peut-être aussi grâce à la nouvelle présentation des romans de Mnémos : un livre plus petit, plus carré, une couverture plus sobre, élégante. Quoiqu’il en soit, Mordred est atypique, et à lire, en dépit de ce que je peux en penser.

 Mordred, Justine Niogret (Mnémos, 2013)

 

Les Filles au chocolat

Les filles au chocolat

La petite dernière de la famille

J’ai vu arriver à mon travail une série de livres aux couvertures étonnantes : flashies, rose bonbon ou bleu guimauve, recouvertes de chocolats colorés. Les Filles au chocolat, sous leur allure kitsch, dissimulent des romans pétillants, intelligents et adorables à parcourir.

La série suit les aventures d’une famille recomposée : Paddy Costello, un chocolatier de génie en devenir, père d’une fille, tombe amoureux de Charlotte Tanberry, une divorcée mère de quatre filles qui tient un bed and breakfast au bord de la mer. Les deux amoureux, avec en tête le projet complètement fou d’ouvrir une chocolaterie bio de luxe, réunissent leur famille en espérant que cette recomposition se passera comme sur des roulettes. Bien entendu, il n’en est rien. Les cinq demi-sœurs doivent apprendre à vivre ensemble, à accepter leur nouveau train de vie et à résoudre tout un tas d’autres problèmes liés à leur adolescence : avenir, garçons, santé, argent… Et chacune d’entre elles devient le centre et l’héroïne d’un des tomes de la série. Cherry Costello, l’ajoutée de la famille, ouvre la danse avec Cœur cerise, suivie de Skye dans Cœur guimauve puis de sa jumelle Summer dans Cœur mandarine. Après un bref roman dévolu à Shay, le petit copain d’une des sœurs, avec Cœur salé, le dernier tome paru, Cœur coco, est dédié à Coco, petite dernière de la famille. Il ne manque plus que le roman d’Honey, l’aînée, qui devrait paraître bientôt.

Un tel synopsis ne me donnait initialement pas l’eau à la bouche. Je me demandais bien en quoi des romans « pour filles » de cette sorte pouvaient encore m’intéresser. Mais, une amie m’en ayant recommandé la lecture, je me suis finalement jetée à l’eau.

Et voilà qu’une semaine plus tard je referme Cœur coco avec un sourire béat.

Oui, ce sont des romans « pour filles » ! Oui, ça campe de jeunes filles belles comme le soleil à la recherche de l’amour de leur vie ! Oui, ça parle de fêtes au bord de la mer, de party à tout casser, de marshmallow et de chocolat chaud, de poney et de maquillage ! Mais Les Filles au chocolat, sans quitter les clichés, réussissent à aller au-delà du déjà-vu et à nous proposer des romans plus profonds que prévu.

Vue de l’extérieur, la famille Tanberry semble ruisseler de bonheur et pourtant chaque tome, en nous faisant entrer dans l’intimité de l’une des sœurs, s’échine à nous prouver le contraire. Les cinq demoiselles sont confrontées à une adolescence houleuse, troublée par leur famille recomposée, l’absence de la mère de Cherry et celle du père des quatre Tanberry. Chacune a ses défauts et ses maux : Cherry vit dans un mensonge qu’elle a elle-même édifiée pour se protéger des autres, Skye ne se sent pas à l’aise à son époque et s’enferme dans un passé révolu, Summer laisse sa passion pour la danse tourner à une obsession maladive, Coco en bonne petite dernière se sent oubliée par les autres, Honey mène la vie dure à sa famille dans l’espoir d’être envoyée auprès du père qui l’a abandonnée. L’écriture est soignée, le décor joliment posé nous fait tourbillonner dans l’univers de cinq filles délurées mais perturbées. Et le récit, en dépit de tout ce qu’il peut avoir de stéréotypé, nous accroche.

Qu’importe que les quatre histoires (à laquelle on peut ajouter celle de Shay), quelque part, suivent toutes le même schéma ! Qu’importe qu’on devine en partie ce qu’il va arrêter ! Il y a quelque chose qui marche dans Les Filles au chocolat, un paquet d’étincelles, de bonne humeur et de gourmandise, et une touche de réalisme qui ajoute à cette série un petit plus par rapport à d’autres romans pour filles : si tous les tomes aboutissent à une situation plutôt heureuse, les filles de la famille Tanberry ne sont jamais entièrement guéries des maux qu’elles évoquent dans leur récit. La plupart des fins ont un goût doux-amer, même si la branche « amour » des romans se termine nettement bien.

Il y a tout de même des accrocs. Le principe de passer d’une sœur à l’autre, s’il brise la monotonie d’une série à une voix, peut attrister un peu la lectrice attachée à l’une des narratrices ; chaque sœur a sa personnalité propre, son rêve déjanté ou non, sa manière de vivre et de souffrir, et toutes ne m’ont pas touchée pareillement. De plus, en s’enfermant tour à tour dans l’intimité de l’une des filles, la série nous fait un peu perdre de vue la sœur dont nous avions découvert les secrets au tome précédent : si Cherry nous offre, avec Cœur cerise, une vue d’ensemble, Skye et Summer, dans les tomes suivants, seront assez refermées sur elles-mêmes, tandis que Coco résumera à la va-vite les péripéties de ses aînées avant de ne se concentrer presque qu’à elle-même. Quant à Cœur salé, tome consacré à Shay, il offre une petite histoire divertissante entre deux sœurs, mais sans rien apporter de bien concret à l’évolution globale de la famille.

Il est triste aussi que la chocolaterie soit un peu laissée de côté au cours de la série. Toutes les filles l’évoquent, bien sûr, mais elles ne s’y engagent pas toutes de la même manière. Alors que Cherry nous en parlait page après page, suivant de très près les projets de son père et la mise en place de l’entreprise, les autres sœurs la traitent, selon moi, d’un point de vue plus anecdotique. D’une manière générale, par ailleurs, les parents sont toujours un peu décalés par rapport aux filles, vivant dans leur rêve chocolaté et ne découvrant les malheurs de leur progéniture qu’à la fin des romans, en conclusion. Contrairement aux adolescentes, leur rôle et leur manière d’agir n’évoluent pas beaucoup, et cela m’a un peu gênée.

Enfin, comme je le disais plus tôt, tous les tomes n’ont pas la même force. J’ai immédiatement accroché à Cœur cerise, j’ai apprécié Cœur guimauve en dépit de l’étrange touche fantastique qu’il comporte, puis j’ai ouvert Cœur mandarine… Un grand choc : l’histoire de Summer est de loin la plus sombre et la plus mature de toutes, en dépit de tout ce que l’on pouvait attendre des confessions de la danseuse lumineuse décrite dans les tomes précédents. Le roman est très bon, mais fait paraître un peu légers Cœur salé et Cœur coco, avec une Coco trop gamine qui m’a moyennement convaincue en dépit de sa fraîcheur.

La série n’est pas parfaite, oui, mais elle est plus intelligente que je l’avais d’abord pensé. Avec ses chocolats faits maison, ses fondants, ses bonbons, ses fêtes, ses joies et ses sourires mélancoliques, elle trouve joliment sa place dans notre confiserie. Savoureuse pour les ados, mais pour nous aussi.

Les Filles au chocolat, Cathy Cassidy (Nathan) : Cœur cerise (2011), Cœur guimauveCœur mandarine (2012), Cœur salé, Cœur coco (2013)

Hunger Games

Hunger Games, Suzanne Collins

Hunger Games, Suzanne Collins

Attention, cet article contient des spoilers: je l’ai donc divisé en trois parties correspondant aux trois tomes pour que vous puissiez vous arrêter avant qu’il ne soit trop tard

  • Tome 1 : Hunger Games

Je me suis décidée à lire cette trilogie après avoir vu le deuxième film qui m’avait vraiment laissée sur ma faim: je voulais savoir ce qui allait arriver à Katniss et aux autres survivants. Malheureusement, j’avoue que j’ai été déçue des livres. Le trilogie m’a fait l’effet d’un soufflé monté bien haut et qui se dégonfle et s’aplatit complètement.

Le premier livre m’a beaucoup plu, j’ai tout de suite adhéré à l’univers : une Amérique post apocalyptique désormais nommée Panem, avec une région centrale, le Capitol, qui contrôle des districts opprimés au nom de la sécurité nationale. C’est également ce qui justifie les Hunger Games, des jeux macabres durant lesquels deux enfants de chaque district sont envoyés dans une arène où il ne peut rester qu’un survivant. J’ai également apprécié le personnage de Katniss, une jeune fille frondeuse qui se porte volontaire à la place de sa sœur.

L’intrigue est bien construite, les chapitres se finissent toujours par une annonce qui donne envie de lire la suite, et le principe même des jeux fait qu’on reste en haleine jusqu’à la fin pour savoir si oui ou non Katniss survivra. De plus, la supposée histoire d’amour entre les deux tributs du même district corse un peu plus la situation, car il n’est supposé en rester qu’un à la fin.

Le livre est cependant beaucoup moins soft que le film, les souffrances des tributs sont décrites en détails, en particulier la mort atroce d’un des derniers survivants qui se fait mâchouiller des heures par des chiens mutants qui n’arrivent pas à percer son armure. En lisant ce passage, je me suis sentie aussi mal que Katniss qui assiste à la scène.

  • Tome 2: L’embrasement 

Finalement, même si la bravade finale de Katniss à la fin du premier tome est considérée comme un geste de rébellion envers le système, il me semble que l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais l’auteur a choisi justement de continuer dans la veine de la rébellion, ce qui a donné lieu à un deuxième tome. Le début du livre, comme celui du film, est un peu long et plat: la tournée des vainqueurs est certes nécessaire pour attiser le vent de rébellion qui souffle sur les districts, mais il faut bien reconnaitre qu’il ne se passe pas grand-chose de palpitant pendant ce voyage.

Mais la deuxième partie, ou plutôt le tiers restant, du livre est plus intéressant avec une nouvelle édition des jeux où ce sont les anciens vainqueurs qui devront s’affronter. L’horreur est alors à son comble, puisque tous ces survivants sont devenus plus ou moins amis, et étaient en théorie immunisés contre les nominations aux jeux.

C’est là que le personnage de Katniss a commencé à m’agacer un peu. Je veux bien comprendre le côté brisé de la jeune fille après le traumatisme des premiers jeux, mais je trouve que c’est justement un aspect un peu trop surexploité de sa personnalité. Heureusement, l’arrivée d’autres personnages hauts en couleur pimente un peu ces nouveaux jeux.

Et puis l’enlèvement final de Katniss par un personnage important des jeux est franchement un coup de génie qui relance l’intrigue : pourquoi a-t-il fait ça ? Il est censé être du côté du Capitole, alors est-ce un piège ? Que sont devenus les tributs qui ont été récupérés par le Capitole ? Sont-ils toujours en vie ? Tout cela promettait un troisième tome passionnant.

  • Tome 3: La Révolte

Mais il n’en est rien. L’histoire du district secret comme base de la rébellion était pourtant une bonne idée, mais le personnage de Katniss, à moitié folle, à moitié dépressive, qui essaye de se la jouer rebelle mais au final ne fait que se morfondre devient assez dur à supporter. Quant à ses histoires de cœurs, elles deviennent de plus en plus lourdes et improbables. La tournure même que prend la rébellion me semble tirée par les cheveux. Certes, l’intrigue est simple à comprendre : la chef des Rebelles n’avait en fait en tête que l’idée de prendre le pouvoir, sans vraiment changer les choses et le président Snow le savait depuis le début, du coup Katniss se rend compte à quel point elle a été manipulée, et sombre encore une fois dans la folie. La suite prend alors des allures de happy end forcé et pas réellement convainquant. 

Personnellement, je ne m’attendais pas à cette fin. C’est vrai que le personnage de Coin n’était pas très sympathique, mais de là à en faire une manipulatrice avide de pouvoir … Et puis, au final, toute cette révolte n’aura rien changé, puisque les opprimés réclament vengeance et que ce sont les oppresseurs qui devront désormais offrir leur quota de tributs aux Hunger Games. J’ai envie de dire : tout ça pour ça ? Je ne vais pas dire que l’être humain est parfait et magnanime mais je trouve que ce dénouement donne une image assez pessimiste de ce dont sont capables les hommes.

Finalement, le personnage de Katniss a fini par me lasser, et la fin de l’histoire m’a laissé comme un gout d’inachèvement.

Malgré tout, je dois admettre que quelque soit le tome, l’histoire est toujours très bien écrite, et la narration donne toujours envie de continuer car dès qu’un problème ou une question trouvent une solution, un nouveau problème apparait, une nouvelle révélation éclate, et c’est reparti pour un chapitre de plus à dévorer. 

 Hunger Games, Suzanne Collins (Pocket Jeunesse, 2011)

Le Dernier Chant d’Orphée

Le Dernier Chant d'Orphée, Robert Silverberg

Le Dernier Chant d’Orphée, Robert Silverberg

Il me tombe entre les mains un roman sur lequel je ne sais pas vraiment quoi dire. Le Dernier Chant d’Orphée est-il intéressant, juste intriguant ou décevant ? Je l’achève, perplexe, avec une curieuse impression.

Le court récit est signé Robert Silverberg, dans un sens un gage de qualité ; on nous parle d’ « un roman inédit qui est un véritable évènement », on nous prépare à une réécriture prometteuse du mythe d’Orphée, le bouquin en lui-même a une jolie petite mine avec sa couverture sobre, son illustration inquiétante, son titre discret. Soit. L’approche est alléchante, et après tout le contenu… est loin d’être mauvais. Mais, en refermant ce roman, je me suis longuement demandé ce qu’il pouvait apporter.

Dans un style bien à lui, que je trouve toujours d’une sincérité et d’une simplicité qui en disent bien plus qu’elles ne le semblent à une première lecture, Robert Silverberg nous offre ici une réécriture du mythe d’Orphée, dans sa globalité. On assiste à la naissance du héros musicien, à sa rencontre avec Eurydice, à sa descente aux Enfers, à son voyage en Égypte, à sa participation à l’expédition des Argonautes – et enfin à sa mort tragique. Mi-mortel, mi-divin, Orphée est condamné à vivre au-delà du temps humain, dans une durée cyclique qui lui permet de raconter l’ensemble de sa vie en un ultime chant destiné à son fils Musée.

Il y a quelques libertés prises avec les mythes. Silverberg met l’histoire dans la bouche du poète et Orphée nous transmet sa propre version de ses aventures, avec ses émotions et ses impressions. La mort d’Eurydice n’en est que plus tragique, la rencontre avec Apollon que plus impressionnante, l’entrée aux Enfers que plus sinistre. On sourit aussi parfois, lorsqu’Orphée juge les héros qui l’entourent, traitant en particulier le fier Jason d’imbécile tout au long de sa quête.

Mais, si l’on excepte le style et le point de vue adoptés, Silverberg ne touche aucunement aux mythes réécrits. Lorsqu’on connaît les histoires évoquées dans Le Dernier Chant d’Orphée, l’ouvrage perd une partie de son intérêt. On le lira avec plaisir, certes, ne serait-ce que pour apprécier une jolie écriture et une belle expression de sentiments, et pour voir brasser tout un tas de thèmes antiques et mythologiques (destin, mort, rapport de l’art, de l’harmonie et du cosmos…), mais on restera frustré par le manque d’audace de l’auteur quant à l’évolution du récit.

Je ne peux donc que vous donner un avis mi-figue, mi-raisin. Comme l’invite la préface du roman, le « bienheureux » lecteur sera celui qui ignore le mythe d’Orphée et aura ici la chance de le découvrir dans une belle version rassemblant toute la vie de l’aède, ainsi que les problématiques jalonnant son parcours. Mais, si l’ouvrage est soigné, il reste pour une passionnée de mythologie une simple curiosité.

Le Dernier Chant d’Orphée, Robert Silverberg (ActuSF, 2012)

La saga Entre Chiens et Loups

La sage Entre Chien et Loup, Malory Blackmann

La sage Entre Chiens et Loups, Malorie Blackman

J’ai découvert la trilogie de Malorie Blackman il y a de nombreuses années et pourtant, je la relie toujours avec autant d’intérêt, car elle me parait toujours aussi juste et «  d’actualité ».

L’originalité de cette trilogie repose en grande partie sur son univers de référence, une sorte de miroir inversé de notre société. En effet, dans le monde de Callum et Sephy,  ce sont les personnes noires, appelée les Prima,  qui sont au pouvoir, riches et toutes puissantes, tandis que les personnes blanches, les Nihil (d’un terme latin qui signifie « rien ») sont considérées comme des citoyens de seconde zone, méprisés et rendus coupables de tous les maux. La découverte de ce monde est donc un véritable choc culturel, néanmoins, cela entraine une véritable remise en question : cette disparité entre les personnes blanches et noires n’est-t-elle pas aussi absurde que celle que l’on peut effectivement rencontrer dans la réalité ?

L’autre point fort de cette trilogie réside également dans le caractère polyphonique du récit, qui propose les visions croisées des différents protagonistes vivant les mêmes événements. Cela permet ainsi au lecteur de dépasser une impression trop manichéiste qui aurait surement existé si l’histoire n’avait été narrée que du point de vue d’un seul personnage. En effet cette multiplicité des récits nous permet de comprendre qu’aucune action, aucune décision n’est simple, et l’on peut ainsi se rendre compte que finalement, la vie de chacun est intimement liée à celle des autres, qu’une mauvaise décision peut avoir des répercussions non seulement pour celui qui la prend, mais aussi pour les personnes qui le côtoient, et ce parfois même sur plusieurs générations.

Il est en effet question de différentes générations tout au long des trois romans, depuis les parents de Sephy et Callum, jusqu’à Calli Rose. Dans le premier tome, Entre Chien et Loup, l’intrigue est principalement centrée sur le couple Sephy / Callum qui ne sont alors que des ados, pris dans les problèmes de leurs familles respectives, entre le père de Sephy qui est un puissant politicien et la mère de Callum qui est l’ancienne nourrice de la jeune fille. Entre amour et haine, les deux jeunes gens se déchirent pour mieux se retrouver … jusqu’au point de non retour. 

Le deuxième tome, La Couleur de la haine, met l’accent sur un autre membre de la famille de Callum, son frère Jude qui est devenu un véritable terroriste anti Prima mais qui tombe malheureusement amoureux de l’une d’entre elle. Cruel dilemme pour celui qui entendait consacrer sa vie à venger sa famille … Ce tome est aussi l’occasion de faire la connaissance de Callie Rose, la fille de Sephy et Callum. On retrouve ensuite la jeune fille dans le troisième tome, Le Choix d’aimer, à peu près à l’âge qu’avait sa mère à l’époque du premier tome. Mais entre mère et fille, les relations sont tendues, voire explosives …

Un quatrième tome existe, mais je ne l’ai pas encore lu car j’avoue que je crains un peu d’être déçue. Il s’est écoulé tellement de temps entre la sortie du troisième tome et du quatrième que me suis demandé si l’auteur avait vraiment continué l’histoire parce qu’elle avait encore de quoi écrire ou s’il s’agit d’un geste purement commercial. D’où mon hésitation à lire Le Retour de l’Aube, car je ne voudrais pas achever cette saga sur une mauvaise impression.

Quoi qu’il en soit, je vous invite à découvrir ces romans qui sont à la base étiquetée « littérature pour adolescents » mais qui pourraient aussi séduire les adultes par les thèmes abordé, l’univers construit et la narration si originale. 

 Entre Chiens et Loups, La Couleur de la Haine, Le Choix d’Aimer, Le Retour de l’Aube, Malorie Blackman (Milan)