La Pâtisserie Bliss

La Pâtisserie Bliss, Kathryn Littlewood

La Pâtisserie Bliss, Kathryn Littlewood

En cette période de fêtes de fin d’année, La Pâtisserie Bliss m’a semblé une lecture très appropriée. La couverture propose la devanture d’une charmante pâtisserie offrant muffins et pièces montées, de quoi nous mettre instantanément l’eau à la bouche. Et le roman, je dois dire, est plutôt savoureux.

À Calamity Falls, ville calme et sans souci, la famille Bliss tient une pâtisserie réputée, proposant des cookies et des cakes ensorcelés pour guérir les malades ou aider un amour naissant. Un beau jour, Albert et Céleste, les parents, se voient obligés de confier la boutique et le livre de recettes magiques à leurs quatre bambins pour courir au secours d’une ville voisine. Rose, la sérieuse de la fratrie, se retrousse les manches pour faire tourner la boutique, tandis que ses frangins, le bel Oliver et le turbulent Origan, se mettent en vacances et que l’insupportable adorable Nini, la petite dernière, cumule les diableries. Et Rose, timide et obéissante, complexée par son visage banal et son absence de caractère, trouve la situation tout à fait normale.

Surgit alors tante Lily – l’inconnue surprise au visage et au corps de rêve, qui prend possession de la famille et de la pâtisserie en un clin d’œil. Sous le charme, les deux garçons décident de l’épater en préparant quelques recettes magiques volées aux parents et Rose, complice involontaire, se retrouve avec un monceau de problèmes sur les bras.

Globalement, l’histoire n’a rien de très compliqué ni même de vraiment original. On se doute très vite de ce que veut cette étrange et séduisante tante Lily et on pressent la suite des évènements. Mais il y a quelque chose d’indubitablement sympathique dans ce roman. Déjà, le cadre : une pâtisserie, que rêver de mieux ? Entre les kilos de farine, les mesures de sucre, les cupules d’extrait de vanille, les poignées de beurre ; entre les muffins à la carotte, les cookies à la cannelle, les meringues et les gâteaux marbrés, l’appétissant décor est réussi. L’ambiance qui s’y installe est douillette : on ne quitte pas Calamity Falls, petite ville sans prétention où tout un chacun se connaît, souvent ennuyeuse mais aussi chaleureuse.

Mais l’élément le plus intéressant reste l’héroïne, Rose. Une demoiselle coincée, amoureuse transie d’un garçon qui ne l’a jamais regardée, jeune fille sans talent qui rêve de beauté et d’élégance en préparant consciencieusement des gâteaux. Rose change au fil du roman, bien sûr, et se révèle bien plus efficace que ses frères pour réparer les dégâts : l’évolution du personnage est assez attendue, mais ce n’est pas bien grave. Car Rose est un personnage aimable et plaisant, joliment mis en scène. Ses frères, sa sœur sont drôles et loufoques, mais elle demeure le portrait le plus sincère de la famille, et le plus touchant en fin de compte. Les autres protagonistes, sans être aussi complexes, se partagent un paquet de qualités : la sublime Lily dont on soupçonne la fausseté, Oliver et ses allures grandiloquentes de plus beau gosse de la ville, Origan qui parle-bouge-saute-crie-court-bondit dans tous les sens, ou encore Nini dont je n’aimerais décidément pas être la grande sœur. Sans parler des habitants de la ville qui sont tous hauts en couleur.

La Pâtisserie Bliss est un roman aussi accueillant que la pâtisserie qu’il met en scène. L’histoire ne surprend guère, l’ensemble n’a rien d’extraordinaire, mais ce livre est une jolie petite pièce, un roman plein de bonne humeur dont on ressort avec un goût de sucre sur la langue.

La Pâtisserie Bliss, Kathryn N. Littlewood (Pocket jeunesse, 2013)

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