La Prophétie des pierres

La prophétie des Pierres, Flavia Bujor

La prophétie des Pierres, Flavia Bujor

La première chose à savoir à propos de ce roman est qu’il a été écrit par une auteur alors très jeune (13 ans), ce qui peut expliquer certaines faiblesses de l’histoire.

L’intrigue est a priori plutôt simple : trois jeunes filles que tout oppose découvrent le jour de leur quatorzième anniversaire qu’elles sont dotées de pouvoirs magiques, en lien avec une pierre dont elles portent le nom : Ambre, Jade et Opale. Elles vont devoir s’unir malgré leurs différences et surmonter plusieurs épreuves initiatiques pour sauver un monde de la menace du Conseil des Douze Heureusement, la présence de personnages secondaires qui autorisent quelques parenthèses dans la chronologie de la narration permettent de rendre l’intrigue un peu moins convenue et donc plus intéressante et captivante.

En revanche, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux héroïnes qui me semblent trop caricaturales : Ambre est la jeune bergère courageuse et rêveuse qui rencontre le prince charmant qui la tirera de sa campagne, Opale est la jeune fille introvertie, sombre, mystérieuse, et donc attirante, que l’amour rend soudainement plus ouverte et lumineuse, quant à Jade, c’est le stéréotype parfait de la petite princesse pourrie gâtée, belle, riche, intelligente, à qui tout réussit et qui se retrouve sans rien du jour au lendemain. Même le nom des héroïnes, en lien avec leur pierre – talisman est convenu : Ambre pour la blonde solaire qui adore la chaleur et la lumière, celle qui est chaleureuse et rieuse, Opale pour celle dont les cheveux sont aussi noirs que l’état d’esprit, et Jade, une pierre particulièrement précieuse en Orient pour la riche héritière.

Les seuls personnages que j’ai vraiment appréciés sont Oonagh une fille / femme qui a l’apparence d’une enfant, mais la sagesse de quelqu’un qui aurait vécu des siècles et des siècles, ainsi que  La Mort qui a elle aussi les traits d’une petite fille un peu boulotte mais contre toute attente très sympathique et … bonne vivante. Cette dernière décide de faire grève car elle ne supporte plus que les gens pleurent en la voyant et n’aspire qu’à se faire des amis, ce qui est très paradoxale, et en même temps très attachant.

Le dénouement de l’histoire est cependant assez surprenant, même si j’ai pu regretter, en relisant ce livre une fois un peu plus grande, que l’auteur ait voulu qu’il y ait un happy end à tout prix. Sans vous en dire trop sur la résolution de l’intrigue, je pense que même si les héroïnes étaient allées au bout de leur  projet et que tout s’était déroulé selon leur plan, ça n’aurait en rien gâché la fin du roman. Mais l’auteur étant jeune, comme je l’ai dit, je peux comprendre qu’elle ait eu envie de préserver ses héroïnes. Sans doute que mon jugement est aussi faussé par le fait que moi-même je ne tenais pas particulièrement aux trois filles, mais un autre argument me laisse penser qu’elles auraient pu finir autrement : sont-elles réellement les héroïnes de cette histoire ? Ou serait-ce la narratrice … 

Quoi qu’il en soit, je pense que ce roman peut tout de même être divertissant, et une bonne entrée en matière dans le monde de la fantaisie. Mais je le recommanderais plutôt à un public d’adolescents, voire de pré- adolescents.

La Prophétie des Pierres, Flavia Bujor ( Edition France Loisir 2002)

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