Ce qui nous lie

Ce qui nous lie, Samantha Bailly

Ce qui nous lie, Samantha Bailly

Après avoir été bouleversée par Oraisons, j’ai voulu découvrir un autre roman de Samantha et mon choix s’est porté sur Ce qui nous lie.

Encore une fois, j’ai espéré jusqu’à la fin, mais aucun des scénarios que j’ai pu imaginer n’a abouti et la fin m’a complètement surprise, et déboussolée, comme avec Oraisons. Un autre point commun entre Ce qui nous lie et Oraisons réside également dans la narration : ici ce n’est pas plus un entrecroisement de personnages, mais un jeu de va et vient d’abord entre le présent et le passé puis entre le présent et le futur. Ce dernier mélange est d’ailleurs particulièrement intéressant car il permet de créer un vrai suspense : le lecteur sait grâce au futur qu’il va se passer quelque chose d’essentiel dans le présent, mais justement, toutes les projections dans le futur ne font que retarder un peu plus le moment où l’on découvrira ce dont il retourne.

L’histoire est également intéressante par son intrigue, un mélange de récit très réaliste par son ancrage spatio-temporel dans le monde réel et de fantastique grâce à cette sorte de pouvoir inexpliqué que possède l’héroïne. C’est d’ailleurs l’une des motivations de l’intrigue : d’où vient ce don ? Et pourquoi existe-t-il une exception à ce que l’héroïne peut voir ?

Malgré quelques points communs entre Oraisons et Ce qui nous lie, ce dernier roman se distingue par un style un peu plus complexe que le premier. Il m’est souvent arrivé en lisant de me dire que finalement j’avais tout compris à l’histoire, et une phrase plus tard, toutes mes certitudes étaient remises en question. C’est le genre de livre qui me fait penser, lorsque j’ai fini de le lire, que je devrais le relire une deuxième fois pour être sûre de l’avoir bien compris.

Ce qui nous lie est donc un livre que je conseillerais plus aux amateurs de fantastique que de fantasy.

Enfin, je voudrais faire remarquer l’illustration de la couverture, que j’avais déjà eu l’occasion de découvrir sur la carte de visite de l’auteur et que je trouve particulièrement belle. 

Ce qui nous lie, Samantha Bailly (Milady, 2013)

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Alice au Pays des Merveilles par D. Chauvel et X.Collette

Alice au Pays des Merveilles, C. Chauvel

Alice au Pays des Merveilles, D. Chauvel et X. Collette

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’une adaptation (une de plus) d’Alice au Pays des Merveilles, qui a la particularité de se présenter sous la forme d’une bande dessinée. Certes, le sujet n’est pas très original, car on ne compte plus les albums, livres illustrés et autres pop-up reprenant les aventures de la célèbre Alice de Lewis Carroll. Néanmoins, cette BD a particulièrement retenu mon attention, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord pour son graphisme vraiment superbe, avec des vignettes peintes et des ambiances colorées très fortes. En effet, si vous feuilletez ce livre sans forcément le lire, vous pourrez vous rendre compte que chaque page, voire chaque double page possède une dominante chromatique qui permet de rendre l’ambiance particulière d’un passage de l’histoire. Une mention spéciale également pour la page relatant la chute d’Alice dans le terrier avec un magnifique dégradé de couleur au fil des vignettes. 

Ensuite, parce que les auteurs ont décidé de nous proposer une Alice très différente de celle que nous avons l’habitude de voir, qui est largement inspirée de l’image que Disney a pu graver dans nos mémoire. Ici pas de blondinette à robe bleu, mais une brunette avec un costume qui me fait penser à celui d’une soubrette, ce qui apporte un peu de nouveauté.

Enfin parce que le livre en lui-même est très joliment mis en page. Sous la jaquette on peut découvrir une couverture pour le moins inquiétante, illustrée par le fameux sourire du chat Cheshire, toutes dents brillantes dehors. Quant au résumé sur la quatrième de couverture, il se présente sous la forme d’un témoignage quelque peu troublant d’Alice, surmonté par son portrait … ou serait-ce Alice prisonnière derrière un miroir qui nous lance cet étrange regard ? Enfin les pages de garde nous proposent une multitude de cartes  à jouer dont certaines servent de support aux portraits des différents protagonistes.

Cependant, à mon gout, les personnages de cette adaptation sont sans doute son point faible. Pour moi qui suis habituée aux personnages de Disney et de Tim Burton, j’ai trouvé ceux-ci un peu fades en comparaison : le chapelier m’a semblé très sage, plutôt lisse, quant à la reine de coeur, elle apparaît finalement assez peu et n’a pas ce côté  caricatural qui pourrait la rendre un peu bouffonne, ce qui ôte au comique du personnage. 

Malgré tout, cette bande dessinée reste une très belle adaptation, et je pense qu’elle pourrait notamment plaire à ceux qui ont lu le roman original de Lewis Carroll sans vraiment y accrocher. Il est vrai que le style et l’humour anglais de l’auteur peuvent être déstabilisants et ne pas plaire à tout le monde, mais la BD a cet avantage de rester très proche à l’histoire originale tout en y apportant des éléments visuels qui permettent de mieux entrer dans l’univers si étrange du Pays des Merveilles. Un bon moyen pour (re)découvrir les fantastiques aventures d’Alice dans le non moins fantastique royaume de Wonderland. 

Alice au Pays des Merveilles, adapté et illustré par D. Chauvel et X. Collette (Glénat, 2010)