Les Herbes de la Lune

Les herbes de la Lune, Anne Laure

Les herbes de la Lune, Anne Laure

J’ai découvert ce roman aux Imaginales, un peu par hasard d’ailleurs. Son auteure était présente sur le stand d’une maison d’édition (le Chat Noir), elle a vu que je portais des oreilles de chat noir, et elle a dû se dire que j’étais une lectrice potentielle pour son roman. Elle n’a pas du essayer longtemps pour me convaincre, il lui a suffit de commencer le résumé de son livre par  » le thème du roman est en lien avec le monde celtique ». Bonne pioche, c’étaient les mots clés.

Ainsi, j’ai acheté ce roman, qui, si j’ai bien compris, est le premier tome d’une trilogie. Les Herbes de la Lune se passe donc en Bretagne avec un florilège de noms de village et de prénoms tous plus celtiques les uns que les autres, à l’exception de celui de l’héroïne : Abigail. On y découvre des lieux typiques de cette région, entre le vieux pub du port et la lande avec ses herbes folles et ses roches blanches, sans oublier les forêts millénaires et la mer impétueuse qui s’élance à l’assaut des rochers. Autrement dit, un univers auquel j’ai adhéré d’emblée et qui confère tout son charme au roman.

Les personnages m’ont également conquise, même s’ils sont parfois stéréotypés, comme le vieux mais néanmoins sage herboriste. L’héroïne tout d’abord est une adolescente assez banale, mais hantée par un cauchemar qui l’épuise un peu plus chaque nuit. Jusqu’au jour où… je ne vous en dis pas plus, si vous voulez percer le mystère de se cauchemar, il vous faudra lire par vous même le roman. Quoi qu’il en soit, peu à peu Abigail va prendre conscience de sa véritable nature et devoir se battre contre elle-même. Ce que j’ai apprécié dans ce combat, c’est qu’il ne s’agit pas simplement d’un manichéisme Bien / Mal, la différence est un peu plus subtile que ça. Disons qu’elle doit plutôt lutter entre garder le contrôle ou s’abandonner.

Le personnage de Timothée m’a aussi plu car il ne s’agit pas seulement du beau gosse du lycée tombeur de filles qui s’intéresse soudainement à l’héroïne comme pour prouver qu’elle est effectivement spéciale. Bien au contraire, il existe un véritable lien entre Abigail et lui, qui se dessine au fur et à mesure des italiques concluant certaines journées en livrant les pensées les plus prégnantes de Timothée.

Enfin j’ai aussi beaucoup aimé le personnage de la grand mère qui est tel que je les aime : une femme forte qui a élevé sa petite fille avec des préceptes de morale très old school, et en même temps avec énormément de tendresse. Et puis son histoire avec André, un libraire, la rend également très humaine.

En dehors des personnages, et de l’intrigue qui était finalement assez nouvelle pour moi, j’ai apprécié aussi la narration de cette histoire: une succession de jours, un peu à la façon d’un journal intime, qui commencent tous par une date et une indication sur la phase de la Lune. Et souvent quelques évocations de la météo, qui ne sont pas tout à fait anodines.

J’attends donc avec impatience le prochain tome qui devrait sortir en septembre (l’auteure a eu la gentillesse de me le préciser dans un PS de sa dédicace). En attendant, je conseille ce livre à ceux qui ont un faible pour l’univers celtique, qu’ils soient connaisseurs ou non, d’ailleurs, car c’est vraiment un élément clé de ce roman.

Les Herbes de la Lune, Anne Laure (Le Chat Noir, 2014)