Swinging Christmas

Swinging Christmas, Benjamin Lacombe

Swinging Christmas, Benjamin Lacombe

Swinging Christmas est un album né de la collaboration entre l’auteur illustrateur Benjamin Lacombe et la chanteuse Olivia Ruiz, et je dois admettre que le duo a fait un très joli travail. L’histoire est un conte de Noël, assez différent des autres albums de Benjamin Lacombe, moins sombre et plus onirique. En effet, il s’agit de l’histoire du petit Robin qui apprend à lire et à rêver grâce à un vieil homme solitaire et amoureux d’une mystérieuse chanteuse de jazz …On peut d’ailleurs trouver à la fin de l’album un cd qui reprend l’apparence des anciens vinyles, et sur lequel on peut entendre les chansons dont il est question dans l’album, ainsi qu’une superbe reprise d’une chanson de l’étrange Noël de Mister Jack «  What’s this ? »

J’ai eu l’occasion de lire cet album à ma classe, et j’ai eu l’agréable surprise de constater que mes élèves ont eu une interprétation de la fin de l’histoire très différente de la mienne, et beaucoup plus poétique. Il est vrai que je trouve cet album particulièrement adapté pour les jeunes enfants, et pas seulement pour l’histoire, mais aussi parce que les illustrations sont beaucoup moins « rougeoyantes » que d’habitude, plus douces, moins fouillées aussi, mais toujours de qualité. 

Ondine

Ondine, Benjamin Lacombe

Ondine est, selon moi, l’un des plus beaux albums que Benjamin Lacombe ait fait, avec l’Herbier des Fées.

Tout d’abord d’un point de vue plastique, les illustrations sont toujours aussi superbes, notamment le portait d’Ondine sur une double page qui m’a vraiment marquée. Le visage de la jeune fille reflète à la fois le mystère et l’innocence, comme un ange qui dévoilerait son visage au reste du monde. Et pourtant, il y a cette couleur rouge qui reste obsédante, l’indice que sous ses apparences angéliques, Ondine est peut-être plus dangereuse qu’il n’y parait. L’utilisation du calque comme dans l’Herbier des Fées est également un atout de nouveau exploité ici pour traduire cette fois un sentiment plus qu’un décor. En effet, cela donne une image presqu’évanescente d’Ondine qui se meurt de chagrin ; elle disparait tout comme son image s’efface sur la transparence du calque. Enfin, la couleur rouge est toujours aussi omniprésente, d’autant plus dans cet album qu’il s’agit de la couleur des cheveux d’Ondine. Cela permet de toujours laisser planer le danger autour de cet être pas tout à fait humain et qui ne devient vraiment inoffensif que lorsque ses couleurs s’estompent en des nuances de blanc et de bleu.

Enfin, du point de vue de l’intrigue, cet album nous raconte une histoire à la fois belle et cruelle. Il s’agit en réalité d’un conte que Benjamin Lacombe a décidé d’illustrer, et qui n’est pas sans rappeler parfois celui de La Petite Sirène. Tout d’abord le nom de l’héroïne, Ondine, fait référence au monde aquatique. De plus, c’est au cours d’un déluge provoquant une inondation qu’Hans et elle se rencontrent et tombent amoureux. Enfin, Ondine se révèle bel et bien faire partie d’un peuple lié à l’eau. Quant à ce qui lui arrivera si jamais l’amour de sa vie la trompait, tout ceux qui connaissent La Petite Sirène l’imagineront fort bien.

Comme je l’ai dit, belle et cruelle sont les deux adjectifs qui semblent les plus appropriés pour qualifier cette histoire, et je dois admettre que j’ai été choquée par la fin de l’album, qui nous fait voir le personnage d’Ondine sous un autre jour. Depuis ma première lecture, je n’ai jamais plus relu cet album de la même façon, et si vous aussi vous décidez de tenter cette aventure, vous saurez alors à quel point les apparences peuvent être parfois trompeuses…

Ondine, Benjamin Lacombe ( Albin Michel Jeunesse, 2012)

Les Amants Papillons

Les Amants Papillons, Benjamin Lacombe

Les Amants Papillons, Benjamin Lacombe

Les Amants Papillons est l’album qui m’a fait découvrir Benjamin Lacombe, et c’est pourquoi je souhaite partager ce coup de cœur avec vous aujourd’hui.

Ce qui interpelle le lecteur la première fois qu’il rencontre cet album, c’est son format atypique qui le démarque des autres livres (format 27 cm * 39 cm). Mais aussi sa couverture énigmatique et ambiguë. Tout d’abord il y a ce couple un peu étrange : un homme embrasse une femme dans le cou, et pourtant, cette dernière semble si triste que cela ne laisse rien présager de bon pour ces amants. Et puis il y a la question des papillons, le couple qui vole près du titre, mais aussi ces ailes dont la naissance se dessine dans le dos de la jeune femme, et qui se déploient pleinement sur la quatrième de couverture. Serait-on face à une femme – papillon ? Est-ce cette nature qui compromettra l’avenir des amants ? Pour le savoir, il suffit d’ouvrir cet album et … de se laisser surprendre.

Si je devais résumer cet album en quelques mots, je dirais volontiers qu’il s’agit d’un conte de fée japonais. L’immersion dans cet univers oriental est totale de part les décors, les personnages, mais aussi grâce à la mise en page et au texte où se glisse un haïku, sans oublier les notes finales qui permettent sans en avoir l’air d’apprendre quelques détails traditionnels de la culture japonaise.

Mais surtout, cet album est à apprécier pour son graphisme. Personnellement, je trouve que les illustrations sont un peu différentes de celles qu’on a l’habitude de trouver sous le pinceau de Benjamin Lacombe. Par exemple, le rouge qu’il affectionne tant est ici assez peu présent, ou plutôt, il est plus diffus dans des illustrations aux tons chauds. En revanche, le travail du bleu est remarquable, notamment grâce aux papillons dont la couleur électrique se détache très bien sur des fonds plus sombres et ternes, comme une  lueur d’espoir.  Le grand format permet également à l’artiste de faire de très jolies pages, comme le portrait de Naoko, une scène de nuit sur un pont, et bien sûr l’épisode du cimetière avec une mise en scène particulièrement poignante.

En conclusion, je pense que bien que ce livre soit un album, il peut réellement être apprécié par des adultes que ce soit pour l’histoire qu’il raconte, et qui n’a rien de simpliste, ou pour les illustrations qui accompagnent parfaitement bien le texte.

Les Amants Papillons, Benjamin Lacombe (Seuil, 2007)